Cérémonie de commémoration du 20 Désamb' sur une place publique réunionnaise avec foule multiculturelle
Publié le 15 juin 2024

Contrairement à l’idée reçue, le 20 Décembre à La Réunion ne commémore pas seulement une liberté décrétée depuis Paris. Cette date célèbre avant tout une liberté conquise, portée par la résistance des « marrons » et la force d’une culture qui, comme le Maloya, fut longtemps interdite. Comprendre la Fèt Kaf, c’est voir comment la mémoire de la douleur la plus profonde alimente la plus vibrante des fêtes populaires, transformant les symboles de la servitude en fierté créole.

Si vous êtes à La Réunion en décembre, vous ne pouvez pas le manquer. Le 20, l’île entière semble retenir son souffle, puis exploser de vie. Les bureaux ferment, les rues s’animent, et une ferveur unique, mêlant recueillement et liesse, s’empare de chaque ville et village. Pour le voyageur non averti, la question est légitime : que se passe-t-il ? On vous dira que c’est la Fèt Kaf, la célébration de l’abolition de l’esclavage. Mais cette réponse, bien que juste, est terriblement incomplète. Elle occulte les tensions, les paradoxes et la fierté qui font du 20 Désamb’ le véritable cœur battant de l’identité réunionnaise.

Réduire cette journée à une simple commémoration serait une erreur. C’est une affirmation culturelle, politique et humaine. Mais si la clé n’était pas dans la liberté « donnée » par un décret, mais dans une liberté « conquise » jour après jour dans les montagnes et les plantations ? Si la musique que vous entendez n’était pas qu’une simple animation, mais le symbole d’une langue et d’une âme qui ont refusé de mourir ? Cet article vous propose de plonger au-delà des défilés pour saisir l’esprit du 20 Désamb’. Nous verrons comment chaque aspect de la fête, de la nourriture aux sentiers de randonnée, est une page vivante de l’histoire d’une résilience extraordinaire.

Pour saisir toute la complexité et la richesse de cet événement, nous allons explorer ensemble les facettes historiques, culturelles et pratiques de la Fèt Kaf. Ce parcours vous donnera les clés pour vivre le 20 Décembre non pas comme un simple spectateur, mais comme un invité éclairé et respectueux.

1848 : pourquoi la liberté a-t-elle mis 6 mois à arriver de Paris à La Réunion ?

Le 27 avril 1848, la Deuxième République signe le décret abolissant l’esclavage dans les colonies françaises. Pourtant, à La Réunion, il faudra attendre le 20 décembre pour que la nouvelle soit appliquée. Ce décalage de près de huit mois n’est pas un oubli, mais la conséquence directe des réalités du 19ème siècle. À l’époque où l’information voyage à la vitesse des navires à voile, la nouvelle mit des mois à traverser les océans. Le commissaire général de la République, Joseph Napoléon Sarda Garriga, fut chargé d’appliquer cette décision capitale. Son périple est en soi une explication : comme le retrace son histoire, le voyage depuis Toulon dura plus de quatre mois, et il ne prit ses fonctions qu’à la mi-octobre.

Sarda Garriga arrive dans une colonie sous haute tension, où l’économie repose entièrement sur la servitude. Au moment de l’abolition, les historiens estiment que l’île comptait plus de 60 000 esclaves pour environ 110 000 habitants. La crainte d’un effondrement économique et de troubles sociaux pousse le commissaire à la prudence. Il prépare le terrain, négocie avec les propriétaires terriens et met en place les conditions d’une transition qu’il veut pacifique, retardant la proclamation officielle. Le 20 décembre 1848, il prononce enfin les mots historiques qui résonnent encore aujourd’hui. Comme le rapporte sa déclaration officielle, son annonce fut aussi solennelle que directe :

Les décrets de la République française sont exécutés : vous êtes libres.

– Sarda Garriga, Déclaration du 20 décembre 1848

Cette « liberté », cependant, est assortie de l’obligation de signer un contrat de travail, préfigurant le système de l’engagisme qui suivra. Le 20 Désamb’ est donc une date complexe : le jour d’une libération attendue, mais aussi le début d’une autre forme de lutte pour une véritable émancipation.

Qu’est-ce qu’un « Kabar » et peut-on y entrer si on est touriste ?

Le mot « kabar » est sur toutes les lèvres à l’approche du 20 Désamb’. Bien plus qu’un simple concert, le kabar est le cœur battant de la Fèt Kaf. C’est une cérémonie, un rassemblement populaire, un espace où la culture créole s’exprime avec le plus de ferveur et d’authenticité. À l’origine, le terme désignait des réunions secrètes d’esclaves, où se mêlaient chants, danses et hommages aux ancêtres, loin du regard des maîtres. Aujourd’hui, le kabar a conservé cette dimension sociale et spirituelle. C’est un lieu de transmission où résonne le Maloya, où les corps s’expriment et où la communauté se retrouve pour partager et se souvenir.

La question que se pose tout visiteur est légitime : puis-je y assister ? La réponse est un grand oui. Les kabars organisés pour le 20 Désamb’ sont des événements publics et, dans leur immense majorité, gratuits et ouverts à tous. Y entrer, ce n’est pas seulement assister à un spectacle, c’est être invité à partager un moment de l’âme réunionnaise. L’ambiance y est électrique et bienveillante. Vous y verrez des musiciens jouer du roulèr (gros tambour), du kayamb (instrument plat contenant des graines) et du sati (caisse en métal), tandis que des danseurs, souvent pieds nus, improvisent au centre du cercle.

Il existe différents types de kabars. Certains sont de grandes scènes musicales avec des artistes reconnus, d’autres sont plus intimes, organisés au coin d’une rue. Certains incluent des démonstrations de moringue, cet art martial dansé hérité des esclaves. D’autres, plus rares et privés, conservent une dimension purement cérémonielle de culte des ancêtres. Pour le 20 Désamb’, les kabars sont avant tout festifs. N’hésitez pas à vous laisser guider par la musique ; c’est la meilleure façon de découvrir l’île de l’intérieur.

Pourquoi mange-t-on du « moringue » ou des racines le jour de la liberté ?

Le 20 Désamb’ est une fête qui éveille tous les sens, y compris le goût. Si vous vous promenez ce jour-là, vous sentirez les odeurs des caris cuits au feu de bois. Mais au-delà des plats de fête, certains aliments revêtent une importance symbolique capitale. Manger des racines comme le manioc, le songe (taro) ou la patate douce n’est pas un simple choix culinaire, c’est un acte de mémoire. Ces tubercules, faciles à cultiver et nourrissants, formaient la base de l’alimentation des esclaves. C’était la nourriture de la survie, celle que les « marrons » cultivaient dans les hauts pour subsister dans leur quête de liberté. En consommer aujourd’hui est une façon d’honorer leur endurance et de se reconnecter à cette histoire « racine ».

Le terme « moringue » dans le titre est un jeu de mots culturel. Si on « mange » des racines, on « danse » le Moringue (ou moring). Ce n’est pas un plat, mais un art de combat spectaculaire, mélange de danse et de lutte, aux origines africaines et malgaches. Pratiqué par les esclaves, il était à la fois un entraînement au combat et un exutoire, souvent déguisé en simple danse pour tromper la surveillance des maîtres. Assister à une démonstration de moringue lors d’un kabar, c’est voir une autre facette de la résistance : celle du corps qui refuse de se soumettre et qui transforme l’oppression en une expression de force et d’agilité.

Manger ces plats simples et assister à ces démonstrations de force, c’est donc participer à la même démarche : se souvenir que la liberté ne fut pas qu’une proclamation, mais une lutte quotidienne pour la survie physique et la préservation de sa culture. C’est rendre hommage à l’ingéniosité et à la résilience de ceux qui ont tout enduré.

L’erreur de se déguiser en esclave pour « fêter » la liberté (malaise assuré)

Dans un élan de participation, un visiteur pourrait penser qu’il est de bon ton de se déguiser pour participer aux défilés. L’idée de revêtir des haillons ou de mimer la condition d’esclave, même avec les meilleures intentions du monde, est une erreur fondamentale. Le 20 Désamb’ n’est pas un carnaval. C’est la commémoration d’un traumatisme historique majeur et la célébration de la fin d’un système déshumanisant. Se grimer en esclave est perçu non pas comme un hommage, mais comme une parodie déplacée, une banalisation de la souffrance et une profonde offense à la mémoire des ancêtres. Vous créerez, au mieux, un malaise palpable ; au pire, vous susciterez une franche hostilité.

Participer avec respect ne signifie pas se costumer, mais partager l’esprit de la fête. La joie du 20 Désamb’ n’est pas celle de l’oubli, mais celle de la résilience. Pour le voyageur qui souhaite s’associer à la liesse populaire, il existe de nombreuses manières de le faire avec tact et élégance, en célébrant la culture créole vivante plutôt qu’en caricaturant son passé douloureux.

Plan d’action : Participer avec respect au 20 Désamb’

  1. Tissus et couleurs : Portez des vêtements colorés ou des tissus traditionnels comme le madras ou le wax, qui sont des symboles de la culture créole vibrante et non de la servitude.
  2. Symboles floraux : Arborez une fleur d’hibiscus ou une autre fleur tropicale à l’oreille ou sur vos vêtements, c’est un geste simple et apprécié qui célèbre la beauté de l’île.
  3. Participation aux événements : Rejoignez les défilés et les kabars. Dansez, écoutez la musique, partagez un verre. Votre présence joyeuse et respectueuse est le plus bel hommage.
  4. Visites de mémoire : Consacrez une partie de votre journée à visiter un lieu de mémoire, comme le Mémorial de l’esclavage à Villèle ou le Cimetière des esclaves à Saint-Paul, pour replacer la fête dans son contexte historique.
  5. Écoute et apprentissage : Engagez la conversation (avec tact), posez des questions sur le sens de la fête. Montrer votre intérêt pour l’histoire est la meilleure marque de respect.

Comme le formule un observateur de la culture locale, la portée de cette commémoration dépasse le cadre historique pour interroger notre présent. C’est un appel à la vigilance.

Commémorer l’abolition de l’esclavage à La Réunion, c’est aussi et surtout s’insurger contre les esclavagistes d’aujourd’hui.

– Guide-Réunion, Article sur la Fèt Kaf

Saint-Denis ou Saint-Pierre : quelle ville choisir pour le plus grand défilé du 20 décembre ?

Le 20 Désamb’, toute l’île est en fête, mais les célébrations prennent des couleurs différentes selon que l’on se trouve dans le nord ou dans le sud. Choisir entre Saint-Denis, la capitale administrative, et Saint-Pierre, la « capitale du sud », dépend de l’expérience que vous recherchez. Il n’y a pas de mauvais choix, seulement deux ambiances distinctes pour vivre la Fèt Kaf.

Saint-Denis, dans le nord, accueille le défilé le plus grand et le plus officiel. Le « Grand Défilé pour la Liberté » part généralement du Jardin de l’État pour remonter la rue de Paris jusqu’au Barachois. C’est un spectacle impressionnant, très structuré, avec des chars, des centaines d’associations culturelles en costumes traditionnels, des groupes de Maloya et de Moringue. L’ambiance est familiale et le défilé se termine souvent par un grand concert et un feu d’artifice sur le front de mer. Choisir Saint-Denis, c’est opter pour le côté spectaculaire et institutionnel de la commémoration.

Saint-Pierre, dans le sud, propose une atmosphère souvent décrite comme plus populaire et « racine ». Bien qu’il y ait aussi un défilé officiel sur le front de mer, la force de Saint-Pierre et des communes environnantes (comme Saint-Joseph ou Saint-Louis) réside dans la multitude de kabars qui essaiment un peu partout. L’ambiance y est peut-être moins cadrée, plus spontanée. Le Sud sauvage, berceau de nombreux groupes de Maloya traditionnels, vibre d’une énergie particulière. Choisir Saint-Pierre, c’est rechercher une immersion plus directe au cœur des rassemblements musicaux et une proximité avec la ferveur populaire.

En résumé : pour un grand spectacle visuel et organisé, privilégiez Saint-Denis. Pour une immersion dans l’effervescence des kabars et une ambiance plus spontanée, mettez le cap sur Saint-Pierre et le Sud. Idéalement, si votre séjour le permet, vivez une partie de la journée dans le nord et la soirée dans le sud pour goûter aux deux facettes de la fête.

Pourquoi le terme « marron » est-il un titre de noblesse à La Réunion ?

Dans l’histoire de l’esclavage, le mot « marron » (du espagnol « cimarrón », signifiant « vivant sur les cimes ») désignait l’esclave qui fuyait la plantation pour se réfugier dans des zones inaccessibles. C’était un fugitif, un hors-la-loi. Pourtant, à La Réunion, ce terme a subi une transformation sémantique spectaculaire : il est devenu un véritable titre de noblesse, synonyme de résistance, de courage et de soif de liberté. Les marrons ne sont pas vus comme de simples fuyards, mais comme les premiers héros de la liberté réunionnaise.

Face à la brutalité du système esclavagiste, des hommes et des femmes ont choisi de « marronner », c’est-à-dire de s’enfuir dans les hauts de l’île : les cirques, les remparts et les forêts alors impénétrables. Là, ils ont créé des communautés autonomes, des sociétés libres avec leurs propres règles, survivant grâce à leur connaissance de la nature. Des figures comme Cimendef, Mafate, Anchaing ou la reine Sarlave sont devenues des légendes, incarnant cette résistance active. Ils n’ont pas attendu 1848 pour être libres ; ils ont conquis leur liberté au péril de leur vie, traqués sans relâche par des détachements de « chasseurs de noirs ».

Le marronnage est donc le symbole de la liberté conquise, et non simplement octroyée. C’est l’acte fondateur qui prouve que les esclaves n’étaient pas des victimes passives, mais des acteurs de leur propre émancipation. Célébrer le 20 Désamb’ sans honorer la mémoire des marrons serait un contresens. Leur histoire est celle d’un refus radical de la servitude et d’une affirmation de la dignité humaine. C’est pourquoi être traité de « marron » à La Réunion aujourd’hui, loin d’être une insulte, est un compliment qui évoque la force de caractère, l’indépendance d’esprit et la capacité à résister à l’oppression.

Pourquoi le Maloya était-il interdit par l’administration française jusqu’en 1981 ?

Aujourd’hui, le Maloya est partout. Inscrit au patrimoine culturel immatériel de l’humanité par l’UNESCO depuis 2009, c’est la bande-son officielle de La Réunion. Pourtant, cette musique qui incarne l’âme de l’île a été longtemps clandestine, réprimée et interdite par l’administration française. Pour comprendre cette interdiction qui a duré jusqu’en 1981, il faut remonter à ses origines. Le Maloya n’est pas qu’une musique ; c’est le blues des esclaves des plantations de canne à sucre.

Né de la douleur et de la nostalgie des ancêtres africains et malgaches, le Maloya était un chant de travail, une plainte (« maloya » signifierait « peine » ou « mal-être » en malgache). Ses textes, chantés en créole, évoquaient la dureté de la vie, la perte des racines, mais aussi, de manière codée, l’espoir et la révolte. Le pouvoir colonial, puis l’administration départementale, y ont toujours vu une menace subversive. Le rythme lancinant, les percussions puissantes et l’usage d’une langue qui n’était pas le français étaient perçus comme des manifestations d’une culture « sauvage » qui résistait à l’assimilation. Dans les années 60 et 70, le Maloya est devenu le porte-voix des revendications autonomistes et communistes, ce qui a renforcé sa mise à l’index.

Il faudra attendre 1981 et l’arrivée de la gauche au pouvoir en France pour que l’interdiction soit levée. Cette libération a permis un formidable renouveau. Des artistes comme Danyèl Waro ou Firmin Viry ont pu sortir de la clandestinité et faire connaître le Maloya au monde entier. Le fait qu’il soit aujourd’hui pratiqué par plus de 300 groupes musicaux à travers l’île est la plus belle des victoires. Son histoire, de la clandestinité à la reconnaissance mondiale, est le symbole parfait de la résilience culturelle réunionnaise.

À retenir

  • Le 20 Désamb’ célèbre une liberté conquise par la résistance (marronnage) autant qu’une liberté octroyée par décret.
  • Participer en tant que visiteur exige du respect : privilégiez l’écoute et le partage plutôt que les déguisements, qui sont une offense à la mémoire.
  • Le Maloya et la nourriture symbolique (racines) ne sont pas de simples folklores, mais des actes de mémoire vivante qui racontent l’histoire de la survie et de la résilience.

Comment les sentiers de fuite des esclaves sont devenus les meilleures randonnées de l’île ?

Pour tout amateur de randonnée, La Réunion est un paradis. Ses sentiers, comme le fameux GR R2 qui traverse l’île, offrent des paysages à couper le souffle. Mais ce que beaucoup de marcheurs ignorent, c’est qu’en posant leurs pieds sur ces chemins escarpés, ils suivent les traces des marrons. La plupart des sentiers qui sillonnent aujourd’hui les cirques et les remparts ont été tracés à l’origine par les esclaves en fuite. Ce qui est aujourd’hui un loisir était autrefois une question de vie ou de mort.

Ces chemins n’ont pas été conçus pour le plaisir, mais pour l’évasion et la survie. Ils escaladent des falaises abruptes, plongent dans des ravines profondes et se faufilent à travers une végétation dense pour une seule raison : être inaccessibles aux « chasseurs de noirs ». Chaque sentier, chaque passage difficile, était une stratégie pour échapper à la capture et atteindre les « îlets », ces plateaux isolés où les marrons établissaient leurs camps. Marcher aujourd’hui de Cilaos à Mafate, c’est littéralement refaire le chemin de la liberté.

Cette transformation des sentiers de la peur en sentiers de randonnée est peut-être la plus belle métaphore de la résilience réunionnaise. Un réseau créé dans la souffrance et la clandestinité est devenu l’un des plus grands atouts touristiques et une immense fierté pour les Réunionnais. C’est une réappropriation spectaculaire de l’histoire. La nature, qui fut le refuge des opprimés, est aujourd’hui un patrimoine partagé et célébré par tous. Randonner à La Réunion prend alors une tout autre dimension : ce n’est plus seulement une activité sportive, c’est une marche dans une histoire vivante, un hommage silencieux à la bravoure de ceux qui ont tracé la voie.

Cette transformation est la conclusion parfaite de l’histoire du 20 Désamb’. Pour bien saisir le lien entre histoire et géographie, il est essentiel de se rappeler comment ces chemins de souffrance sont devenus des symboles de liberté.

La prochaine fois que vous foulerez ces sentiers, vous ne verrez plus seulement un paysage, mais les échos d’une quête de liberté. Pour aller plus loin, l’étape suivante consiste à préparer votre randonnée en intégrant cette dimension historique à votre itinéraire, en choisissant peut-être un guide qui saura vous raconter les légendes de ces lieux chargés d’âme.

Questions fréquentes sur la Fèt Kaf du 20 décembre

Les kabars sont-ils accessibles aux touristes ?

Oui, absolument. La grande majorité des kabars organisés pour le 20 Décembre sont des événements publics, gratuits et ouverts à tous. C’est une excellente occasion de découvrir la musique et la culture réunionnaise de manière authentique. Votre présence respectueuse y sera toujours la bienvenue.

Quelle est la dimension sociale du kabar aujourd’hui ?

Le kabar reste un puissant vecteur de cohésion sociale à La Réunion. Il peut rassembler quelques dizaines ou plusieurs centaines de personnes. Au-delà de la fête, il conserve son rôle de lieu de transmission, de mémoire (notamment pour le culte des ancêtres dans un cadre privé) et d’affirmation de l’identité créole.

Quels types de kabar existe-t-il ?

On distingue principalement les kabars publics, qui sont de grands rassemblements musicaux festifs (Maloya, parfois Moringue), et les kabars privés, qui sont des cérémonies familiales d’hommage aux ancêtres. Pour le 20 Désamb’, vous rencontrerez surtout la version publique et festive.

Rédigé par Marie-Alice Hoarau, Historienne de l'art et conservatrice du patrimoine, experte en architecture créole, histoire coloniale et sociologie des religions.